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  le blog labrousse.erick par : ERICK

Droit et Devoir de Mémoire deuxième guerre mondiale 1940 1945 LUTTER CONTRE LA RÉHABILITATION DE VICHY OU DE SON ADMINISTRATION DE L ÉTAT FRANÇAIS

la verité sur Saint-Pierre de Clairac 47

220px-Laclotte7juin44.pngEpicerie_MAINGUET.jpg 
OBJET  : Fusillade de ST PIERRE DE CLAIRAC (Lot-et-Garonne)
REFER : La lettre jointe n° 2901/Cab. du 9/3/46, de Monsieur le SECRETAIRE GENERAL pour la POLICE à BORDEAUX.
 
 
Conformément à vos instructions ci-jointes en date du 27/2/1946, j'ai l'honneur de vous rendre compte des résultats de l'enquête à laquelle je me suis livré, accompagné de l'Inspecteur s/Chef COSSAUNE André, relativement à la fusillade de 11 patriotes, le 7/6/44 par les Allemands, à STPIERRE DE CLAIRAC (Lot-et-Garonne).
 
LES FAITS
 
A la suite d'une dénonciation vraisemblablement, sous l'occupation, le 7 juin 1944, vers 15 heures des troupes allemandes envahissaient le village de ST PIERRE DE CLAIRAC, situé près d'AGEN (Lot-et-Garonne), procédaient à l'arrestation de 11 patriotes et exécutaient ceux-ci par balles, sous l'accusation de détention d'armes et d'actes "terroristes".
 
L'ENQUÊTE
 
Procédant tout d'abord à un examen d'archives, tant dans nos fichiers que dans ceux de la Cour de justice d'AGEN, il résultait immédiatement de telles investigations minutieusement poussées, que en réalité, l'affaire de ST PIERRE DE CLAIRAC n'était nullement
 
 
 
une action unique, mais constituait au contraire, la résultante d'une série d'arrestations et d'opérations précédemment exécutées, par la Gestapo d'AGEN. Il convenait donc tout d'abord avant de procéder à une étude approfondie de cette affaire, de rétablir d'une façon très précise dans l'ensemble, le mécanisme qui avait déclenché celle-ci et de faire préalablement la lumière complète sur les faits qui lui étaient antérieurs.
 
Dans ce but, de très sérieuses difficultés s'offraient à nous car de nombreux acteurs de ce drame, tant du côté allemand que Français, étaient morts ou exécutés à la date du début de mes investigations. Par exemple, HANACK et DELPUCH (agents Français de la Gestapo) animateurs des opérations entreprises avaient été déjà exécutés ; des miliciens les assistant étaient en fuite ; des patriotes enfin avaient trouvé la mort au cours de ces opérations.
 
Par ailleurs, l'examen des diverses informations de Police ou Judiciaires pré-établies révélait que les efforts accomplis en vue de la manifestation de la vérité manquaient totalement de coordination et, loin de converger, avaient eu pour résultat pratique d'amonceler des renseignements assez fragmentaires entre lesquels une cohésion pertinente semblait faire totalement défaut - La diversité enfin des autorités d'enquête (Instruction, Police, Sécurité Militaire, 2ème Bureau, Renseignements Généraux, D.S.T., etc …) ne faisait qu'ajouter encore à la complication première de l'affaire et il apparaissait donc en conclusion de cet exorde que si beaucoup de points obscurs avaient été percés, l'origine et le déroulement logique et exact des faits et leurs rapports entre eux n'avaient pas été établis d'une façon précise et ordonnée.
 
Pour mieux donc faire apparaître l'ensemble des opérations, il convient tout d'abord dans un ordre chronologique strict, de relater cette affaire en exposant chaque fait, en reconstituant en quelque sorte chaque maillon, de souligner le rapport existant entre ces divers maillons et de rétablir enfin la chaîne entière depuis le déclenchement de la première opération jusqu'à l'aboutissement dernier que constitue la fusillade de ST PIERRE DE CLAIRAC elle-même. Après quoi, il sera procédé à l'étude des origines de cette tragédie qui coûta, outre plusieurs arrestations suivies de tortures, la vie de 17 patriotes Français.
 
En 1944, et plus précisément en juin de cette même année, fonctionnait dans la région agenaise, un réseau de résistance rattaché à l'A.S. et dont les principaux membres étaient :
 
STREFF Fred, officier de réserve, réfugié lorrain qui en était pratiquement le chef, en relation avec LONDRES et reconnu par la France Libre (tué en Décembre 1944 sur le front d'Alsace), demeurant à AGEN.
 
FRISCHMANN Pierre, Ecclésiastique lorrain réfugié à BON ENCONTRE (Lot-et-Garonne), officier de réserve.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
MAUREL Pierre, prêtre, officier de réserve demeurant à AGEN.
 
GUICHARD Raymond, s/officier d'active en congé d'armistice, demeurant à BON ENCONTRE, chargé de l'armement.
 
ESCH Paul, Inspecteur de la Répression des Fraudes en Lorraine, replié à AGEN.
 
MAINGUET Maurice, Commerçant ; demeurant à ST PIERRE DE CLAIRAC, Chef de ce maquis, sous l'autorité de STREFF.
 
JUTEAU Marcel, adjoint du précédent, cultivateur.
 
JACQUES Eugène, réfugié lorrain à STE RADEGONDE, commune de BON ENCONTRE, maréchal ferrand.
 
MAZEAU André, sous-officier de réserve, demeurant à AGEN, mort en combat, auxquels s'ajoutaient de nombreux autres patriotes parmi lesquels on peut citer GOERIG, ROUX, SUBRA, SAJUS. RABOIS et les autres malheureux patriotes assassinés par les allemands, le 7 juin 1944, BALSAN Eugène, BAZILLE Marius, CASTEX Marcel, DOSTES Gabriel, DOUMIC Pierre, FONTAINE Marcel, FROSSARD Raymond, GAENTZLER Georges, ROUTABOUL Emile, SERCAN Jean, BOE Marcel, BOE Jean, AFFLATET Emile, AFFLATET Roger. D'autres membres enfin complétaient ce groupe d'une soixantaine d'hommes, répartis dans les localités d'AGEN, BON ENCONTRE, ST PIERRE DE CLAIRAC, ST CAPRAIS DE LERM, PUYMIROL, LA SAUVETAT DE SAVERES, etc…
 
Au moment du débarquement Anglo-Américain, en France, ce groupe avait reçu par Radio l'ordre de se mettre sur pied de guerre et de faire tous préparatifs utiles en vue de l'action de destruction et de guérillas contre les troupes allemandes et pour ce faire, des transports d'armes avaient été effectués de chez GUICHARD, plus spécialement chargé de la question de l'armement au lieu dit "Le Château de LA CLOTTE" choisi par STREFF comme point de ralliement (château abandonné, sis commune de CASTELCULIER) et à ST PIERRE DE CLAIRAC, chez le nommé JUTEAU en vue de la répartition de ces armes parmi les hommes du groupe MAINGUET de cette localité.
 
Simultanément les 5 et 6 juin prenaient position dudit château de LA CLOTTE, plusieurs membres du groupe tels FRISCHMANN, MAUREL, MAZEAU, GOERIG, SAJUS en vue de la préparation de l'armement et de sa garde et également pour y recevoir tous les ordres relatifs à l'action à envisager. Dans le même sens, le 6 au soir, chez JUTEAU avait lieu la répartition de l'armement reçu (P.V. 17) et celui-ci, au fur et à mesure qu'il remettait une arme à un membre de son groupe, inscrivait sur un papier le nom du détenteur et l'arme remise correspondante, en l'absence d'ailleurs de son chef MAINGUET.
 
Notons donc, que seulement le 6 juin au soir, les maquisards de ST PIERRE entraient en possession d'un armement individuel, de même d'ailleurs que ceux rattachés à ce groupe.
 
Ce même jour, vers minuit avait lieu au château de LA CLOTTE, un rassemblement du groupe et une espèce de conseil de guerre
 
présidé par STREFF, et auquel assistaient MAUREL, FRISCHMANN, GUICHARD, MAINGUET en leurs qualités de chefs, et au cours duquel était décidée la répartition des armes, la mise en place de "bouchons" (ou points d'action), tandis que STREFF aurait ordonné à ses chefs de lui établir des listes destinées à procurer des fonds pour l'action en campagne. A l'issue de cette réunion, vers 3 heures (à laquelle n'assistait pas JACQUES), STREFF, ESCH, GUICHARD, MAINGUET rentraient respectivement chez eux avec leurs hommes, laissant seulement au château une dizaine d'hommes avec armement dont FRISCHMANN, MAUREL, SAJUS, MAZEAU, GOERIG.
 
Le groupe STREFF venait donc d'accomplir les derniers préparatifs pour commencer une action effective et armée contre les allemands, l'armement dont il disposait à la suite de nombreux parachutages apparaissant comme très sérieux (mitraillettes, fusils, grenades, munitions abondantes etc…) et particulièrement apte à opposer en toutes occasions une riposte sévère à l'occupant.
 
Cependant, la Police allemande d'AGEN entrait en possession de renseignements précis sur la qualité de résistant du nommé JACQUES Eugène, demeurant à STE RADEGONDE et son arrestation était immédiatement décidée, bientôt suivie de celles de GUICHARD, STREFF, ESCH auxquelles succédaient toujours le 7 juin, les opérations contre le château de LA CLOTTE de CASTELCULIER et ST PIERRE DE CLAIRAC.
 
I – ARRESTATION DE JACQUES EUGENE
le 7/6/1944 – 1 heure
 
Soulignant d'abord en toute objectivité qu'il ressort de notre enquête que JACQUES n'inspirait pas une grande confiance à ses chefs, en raison de son intempérance, de son caractère vantard et incertain, semblant même avoir eu dans une certaine mesure, la main forcée pour adhérer au groupe STREFF, on relève, entre le récit de son arrestation (P.V. 22) et de ce qu'en a résulté et d'autres déclarations (P.V. 31, 38, 40) certaines contradictions de nature à laisser supposer qu'il n'a pas dit l'entière vérité au cours de son audition. En effet, il affirme avoir été arrêté à son domicile le 7 juin à 2 heures du matin par la Gestapo d'AGEN ; alors que les époux SAURIN, ses voisins immédiats déclarent (P.V. 38 et 40) que c'est en réalité à cette heure-là que les allemands sont partis (et non arrivés). Cette divergence va d'ailleurs apparaître comme très importante en ce qui concerne les causes ayant déterminé la deuxième arrestation, celle de GUICHARD.
 
Quoi qu'il en soit, cette nuit-là les allemands très vraisemblablement vers 1 heure procèdent à l'arrestation de JACQUES, chez lui, lequel en tentant de s'enfuir est blessé aux deux jambes et capturé selon ses propres dires par HANACK, DELPUCH (dit "Bouboule") deux waffen S.S., tous français, qui d'ailleurs faisant une méprise, venaient d'arrêter M. SAURIN voisin de JACQUES, en la personne duquel ils avaient cru arrêter ce dernier (P.V. 38 et 40). Selon JACQUES, DELPUCH, immédiatement l'aurait accusé de posséder "une mitraillette placée dans un sac
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
gris donné par GUICHARD", ce qui porte à affirmer que la Gestapo possédait de telles précisions avant même l'arrestation et était donc parfaitement renseignée quant à l'armement possédé par JACQUES et l'origine de celui-ci. Une perquisition amenait également la découverte d'un brassard et d'un revolver de même que deux bouteilles contenant des cartouches que JACQUES, à l'en croire, aurait jetées dans le fossé voisin de la maison, avant de tenter de s'enfuir. Interrogé sur place, JACQUES reconnaissait que c'était bien GUICHARD qui lui avait remis la mitraillette, ce qui d'ailleurs était vrai.
 
Ouvrant ici une rapide parenthèse, il convient d'indiquer que JACQUES, agissant avec naïveté et imprudence avait retiré la veille au soir, sa mitraillette d'un hangar contigu à sa maison et que, pour ce faire, il avait dû en demander la clé à son voisin de jardin, un nommé LANGE, retraité, dont il ne se méfiait nullement et qui, à cette occasion avait appris que JACQUES était détenteur d'armes et de munitions.
 
A la suite de son arrestation, au cours de laquelle il déclare n'avoir reconnu aucun familier, JACQUES affirme n'avoir pas été conduit à AGEN, mais seulement à BON ENCONTRE où se placerait d'après lui une mystérieuse rencontre entre HANNACK, DELPUCH et un inconnu à la suite de quoi, ils seraient allés cette fois chez GUICHARD qui était arrêté à son tour.
 
Si l'on s'en tient donc aux déclarations de JACQUES, ce dernier n'aurait nullement provoqué l'arrestation de GUICHARD et on peut noter d'ores et déjà qu'il n'hésite pas à le charger pour minimiser semble-t-il sa propre responsabilité dans ce qui va suivre.
 
Retenons donc pour l'instant la grave imprudence de JACQUES dans son attitude vis-à-vis de LANGE, ses affirmations contredites par des témoins étrangers à l'affaire et sa solennelle déclaration de n'avoir rien appris aux allemands qu'ils ne savaient déjà.
 
Sans donc revenir à AGEN, HANACK et autres faisant suivre JACQUES (?) se rendent chez GUICHARD qu'ils "matraquent" immédiatement.
 
II - ARRESTATION DE GUICHARD RAYMOND
7/6/1944 – 4 heures
 
Concernant d'abord les participants à cette arrestation effectuée le 7/6 à 4 heures du matin, il apparaît que outre l'équipe ayant arrêté JACQUES, étaient présents plusieurs autres allemands en uniforme, ce qui révèle la précaution de mesures supplémentaires.
 
En premier lieu, il convient d'indiquer que GUICHARD paraît avoir déposé avec franchise en ce sens qu'il a reconnu spontanément plusieurs faits de nature pourtant à charger sa responsabilité dans l'affaire qui nous occupe. En effet, il reconnaît la découverte chez lui par les allemands, outre brassards et récepteurs, d'une carte fort importante portant mention des différents noyaux de résistance de la région (LA CLOTTE, CASTELCULIER, ST PIERRE DE CLAIRAC, etc…) et d'un carnet contenant de nombreux renseignements
 
 
 
 
 
 
 
sur les groupes et leurs Chefs. Très sauvagement frappé, sa femme mise en joue, GUICHARD malgré ce, oppose à HANACK, qui paraît diriger l'opération, une attitude très courageuse, ne reconnaissant, tout comme JACQUES, parmi ceux qui l'arrêtent, aucun personnage particulièrement connu de lui.
 
Mais la perquisition opérée chez lui devient particulièrement fructueuse, car il est découvert dans son hangar la voiture de ESCH, laissée la veille et contenant des sacs tyroliens appartenant à celui-ci et à STREFF, ce qui provoquera un peu plus tard leur arrestation, par la mise en place d'une souricière.
 
Sans désemparer, la Gestapo amène GUICHARD, sa femme, son beau-frère, sa belle-sœur et ses deux enfants à AGEN, tandis que RABOIS, voisin de GUICHARD (P.V. 30) et membre de son groupe réussit à s'enfuir à la faveur du tumulte avec sa femme.
 
A AGEN, GUICHARD, torturé, est interrogé par HANACK qui l'accuse de rentrer de LA CLOTTE, d'avoir donné une mitraillette à JACQUES et lui demande d'avouer quels sont les chefs de l'organisation et où se trouvent les armes. Atrocement maltraité, GUICHARD, vers 7 heures du matin, toujours le 7 juin, reconnaît alors être allé au Château de LA CLOTTE, dans la nuit et également que des résistants y demeurent encore.
 
Vers 9 heures 30 sont également amenés STREFF et ESCH, ce qui avec JACQUES porte à quatre le nombre des membres du groupe entre les mains de la Gestapo pour laquelle, il deviendra dès lors facile, vu les renseignements recueillis et par des "interrogatoires" de déclencher les autres opérations et cela, à coup sûr.
 
III – ARRESTATIONS DE STREFF FRED et ESCH PAUL
7/6/1944 – 8 heures 30
 
La voiture de ESCH ayant été découverte chez GUICHARD, et celui-ci étant venu en reprendre possession, le 7 juin vers 8 heures 30, était capturé avec STREFF qui l'accompagnait. Seule la déclaration de M. ESCH Paul (P.V. 21) nous éclaire sur cette troisième opération, au cours de laquelle il faut noter encore le fait que les allemands découvrent sur la personne de STREFF des documents de nature à les éclairer sur les nids de résistance de la région, faisant ainsi tomber entre leurs mains, une somme considérable de renseignements. Ici encore, selon M. ESCH, nulle figure spécialement connue de lui n'apparaît et c'est un nommé FRANZ (Allemand) qui l'interrogera en Français, avec HANACK. ESCH, frappé reconnaît son appartenance au groupe STREFF et ce sera là à peu près tout, car son action dans ce groupe n'a jamais été importante et sa documentation donc très faible par ce seul fait même. ESCH affirme, par ailleurs qu'au cours des tortures infligées à STREFF, celui-ci a opposé une attitude ferme sans qu'il révèle quoi que ce soit, alors que lui-même le surlendemain reconnaissait certains faits de nature à ne pas nuire aux camarades restés en liberté.
 
En bref, se dégage de l'audition de M. ESCH le sentiment selon lequel STREFF, malgré des tortures, n'a rien révélé sur le moment et que ce n'est donc pas lui qui, par son attitude, a provoqué
 
 
 
 
 
 
 
les opérations suivantes.
 
Dans cette même déclaration se place une confusion selon laquelle le voisin de JACQUES aurait été un certain AMALRIC, ce qui est faux, le personnage répondant à de telles indications étant LANGE à l'exclusion de tous autres. Comme cela a pu être vérifié (P.V. 22, 30, 35, 36, 37, 38, 40), la source d'une telle erreur n'ayant pu être exactement décelée par ailleurs.
 
Concluons seulement l'exposé de ces quatre arrestations par cette certitude que, à l'issue de celles-ci, la Gestapo d'AGEN détenait une grande quantité de documents, de cartes, de précis renseignements sur le groupe STREFF, soit par leurs découvertes sur leurs détenteurs, soit par recoupements ce qui va directement déclencher le même jour des expéditions punitives, avec des moyens appropriés.
 
IV – OPERATION CONTRE LE CHATEAU DE LA CLOTTE
7/6/1944 – 11 heures
 
A la suite des interrogatoires des quatre résistants : STREFF, ESCH, GUICHARD et JACQUES et au vu de la documentation recueillie, les allemands forment aussitôt une colonne comprenant outre la Gestapo d'AGEN, un détachement de S.S., qui se dirige sans hésiter vers le château de LA CLOTTE, amenant avec elle GUICHARD, malgré son piteux état physique. Celui-ci (P.V. 31) nie avoir conduit l'occupant dans cette expédition et ne s'explique d'ailleurs pas pourquoi il a été spécialement choisi pour cette opération.
 
Conduit par HANACK, le convoi, dès l'arrivée en vue du château, se mit à tirailler vers celui-ci, malgré l'éloignement, pour éviter semble-t-il, d'engager le combat avec des forces armées dont il ignore exactement l'importance. Le château se trouvant alors défendu par une poignée d'hommes bien armés (sauf MAUREL et SAJUS – P.V. 19 et 28 – partis temporairement), mais qui furent nettement surpris par cette attaque à laquelle ils étaient loin de s'attendre. FRISCHMANN, malgré son grade (Officier de réserve) et son ascendant s'enfuit avec d'autres jeunes gens affolés et deux de ceux-ci vinrent seulement faire le coup de feu contre les allemands : MAZEAU et GOERIG. Au cours de l'engagement, un officier S.S. est tué et les deux courageux garçons précités trouvent également la mort.
 
Les boches déchaînés mettent le feu au château et poussent leur cynisme et leur cruauté jusqu'à exécuter sur place quatre hommes, voisins du château, malgré leur innocence évidente dans l'affaire : les père et fils BOE et AFFLATET (P.V. 14 et 18), obligeant même, après avoir incendié la ferme de l'un d'eux, leurs épouses à leur servir à boire et à manger.
 
Il est utile de souligner à ce sujet la méthode tactique employée par les S.S. pour faire l'assaut du château. En effet, celui-ci, situé sur une crête naturelle, a son accès commandé, d'un côté par un coteau inculte et de l'autre par une route et un chemin. Un investissement logique aurait voulu que les allemands empruntassent le coteau pour réaliser un éparpillement des forces attaquantes, or, il en fut tout autrement : les S.S. arrivèrent par la route et il apparaît
 
 
 
 
 
 
 
 
clairement pour quiconque que si le château avait été sérieusement gardé par le maquis, s'il avait opposé une résistance organisée, ce qui était possible, vu son armement (F.M. et mitraillettes), la colonne allemande, qui était forte d'une cinquantaine d'hommes, n'avait aucune chance d'aboutir et courait à une défaite cinglante certaine.
 
Simple parenthèse pour établir d'une part le manque d'organisation du château et d'autre part, le fait que les allemands n'étaient pas conduits par une personne décidée à trahir délibérément la cause de la Résistance.
 
Bref, quand HANACK revient, après le combat voir GUICHARD laissé sous bonne garde, dans une voiture sur le chemin dominé par le château, il lui parle seulement alors du château de CASTELCULIER, en l'accusant d'en avoir fait un dépôt d'armes.
 
Il est utile, par ailleurs, de faire remarquer que si au cours des arrestations premières (JACQUES, GUICHARD, etc…) la Gestapo n'a pas eu une action continue, puisque, à chaque arrestation, correspondait un interrogatoire à AGEN qui était suivi, à son tour, d'autres arrestations ; il n'en est plus de même à partir du Château de LA CLOTTE car, à cette opération, va directement succéder celles de CASTELCULIER et de ST PIERRE DE CLAIRAC trahissant donc, comme cela vient d'être indiqué de la part des allemands, une documentation devenue complète, mais n'existant pas à la base, semble-t-il, c'est-à-dire au moment où les premières arrestations sont opérées.
 
Notons enfin qu'il ressort nettement de notre information que dès ce moment, les S.S. exaspérés par la mort de leur officier et conduits par HANACK, sont déchaînés, laissant déjà quatre cadavres derrière eux.
 
V – OPERATION CONTRE LE CHATEAU DE CASTELCULIER
7/6/1944 – 14 heures
 
Après leur forfait, les allemands, toujours en convoi (2 voitures, 2 camions) se dirigent vers le Château de CASTELCULIER, situé non loin de là, dont ils font vainement l'assaut car ils n'y trouvent ni hommes, ni dépôt d'armes. GUICHARD dans sa déclaration (P.V. 31) affirme que des armes s'y trouvaient effectivement puisqu'elles y avaient été placées précédemment par lui-même, mais selon ses dires, celles-ci étaient si bien cachées qu'elles ne furent pas découvertes. Je n'exposerai pas en détail les diverses thèses relatives à ce point particulier, me contenant d'en souligner l'existence et le fait que la Gestapo n'a marqué son passage à CASTECULIER, par aucune exécution ni arrestation. D'ailleurs la colonne ne s'attarde pas et se dirige alors vers ST PIERRE DE CLAIRAC où va se dérouler une tragédie sans comparaison avec ce qui l'a précédée.
 
GUICHARD figure toujours dans la colonne dont les seuls éléments Français restent vraisemblablement HANACK et DELPUCH,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
le restant se composant uniquement de militaires allemands.
 
VI – OPERATION CONTRE ST PIERRE DE CLAIRAC
7/6/1944 – 15 heures
 
A quelques centaines de mètres de ST PIERRE, une voiture de militaires S.S. se détache du convoi et stoppe précisément devant l'épicerie de MAINGUET, chef local de la résistance. Un soldat en descend, montre le magasin du doigt et s'y précipite aussitôt suivi par d'autres. Pendant ce temps, MAINGUET qui se trouvait avec son adjoint JUTEAU, dans sa cuisine en train de travailler, prévenu par sa femme, réussit à s'enfuir avec le même JUTEAU échappant à l'arrestation de quelques secondes (P.V. 26 et 27). Aussitôt les S.S. envahissent sa maison, arrêtent son beau-père DOUMIC qu'ils obligent à leur indiquer le domicile de JUTEAU sis hors du village. S'y rendant avec DOUMIC, ils tuent le beau-père de JUTEAU M. BALSAN, incendient la maison et massacrent également JUTEAU qui retournait chez lui pour prévenir sa famille.
 
Signalons donc d'ores et déjà la précision avec laquelle les allemands procédèrent désireux, semble-t-il avant tout, en s'appuyant sur des renseignements très précis d'arrêter MAINGUET et JUTEAU, têtes de la résistance locale.
 
Pendant ce temps, la colonne cernait le village et procédait au ramassage des habitants qu'ils rassemblaient au fur et à mesure devant l'épicerie MAINGUET, tuant le jeune BAZILLE qui tentait de s'enfuir.
 
Ici se place un fait d'une toute particulière importance, car de lui dépend l'exécution des 10 patriotes de ST PIERRE DE CLAIRAC : la découverte et l'utilisation par les allemands, chez MAINGUET, d'une liste portant en clair les noms de résistants du village et en face de ceux-ci mention d'une arme correspondante.
 
Ce point particulier aux répercussions capitales a été l'objet de notre part d'une enquête complète, de laquelle il ressort ce qui suit : (P.V. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 16, 17, 26, 27, 31).
 
En premier lieu, comme indiqué précédemment (P.V. 17) la veille des faits (le soir du 6 juin), une distribution de l'armement du groupe avait été opérée chez JUTEAU par celui-ci qui au fur et à mesure de la répartition, inscrivait sur un papier, au crayon semble-t-il, le nom en clair de celui qui recevait, en face duquel il mentionnait la nature de l'armement reçu par lui. MAINGUET n'assistait pas à cette opération, seul donc, JUTEAU pouvait détenir une telle liste jusqu'au 7 juin au matin. Or, l'étude minutieuse des faits passés au cours de cette matinée, jusqu'à l'arrivée des allemands, va nous permettre de rétablir la vérité quant à l'origine de la liste et les circonstances ayant entouré sa découverte par les allemands, au moment de leur irruption chez MAINGUET.
 
En second lieu, si MAINGUET a fait montre dans sa déclaration (P.V. 26) de maintes réticences et même de mensonge flagrant, l'audition de sa propre femme et de personnes n'ayant aucun intérêt à lui nuire, établit formellement ce qui va suivre. Il en va de même enfin, quant aux renseignements recueillis dans les informations
 
 
 
 
 
judiciaires préexistantes.
 
D'abord MAINGUET sentant évidemment sa responsabilité morale lourdement engagée dans les 10 exécutions, axe tout son témoignage sur le fait que, ayant établi effectivement une liste des résistants de ST PIERRE avec mentions afférentes diverses, au cours de la matinée, il a détruit cette liste avant midi et qu'il est impossible par conséquent que les allemands aient pu découvrir un tel document chez lui, au cours de leur perquisition (P.V. 26). Or, cette affirmation est formellement démentie par sa propre femme (P.V. 27), MM. GAYRAL, ROUX (P.V. 3, 17) et autres.
 
Mais nous reviendrons plus longuement sur ce point au cours de la deuxième partie de ce rapport, nous contentant d'affirmer déjà la découverte chez l'épicier MAINGUET d'une liste de résistance par les allemands (P.V. 31 audition GUICHARD).
 
Donc HANACK, muni de cette liste fait l'appel parmi les hommes du village rassemblés, de ceux y figurant qui sont immédiatement exécutés à la mitraillette (probablement par HANACK lui-même), à la sortie du village. Par ailleurs CASTEX et FONTAINE sont exécutés pour des raisons différentes de même que BAZILLE (cf. supra). Dans le même laps de temps, l'épicerie MAINGUET est pillée et incendiée par les S.S. de la colonne.
 
Remarquons enfin que MAINGUET, averti pourtant dans la matinée du 7 juin, que les allemands se battaient au château LA CLOTTE (connu parfaitement par lui comme siège de son groupe) par ROUX (P.V. 17) et ASTE (P.V. 27) n'avait attribué aucune importance à un tel fait, pourtant étroitement lié à son action, déclarant même à sa femme (P.V. 27) que "de toute façon si les allemands attaquent le château de LA CLOTTE, ils sont assez nombreux (les maquisards), pour se défendre et ils ont suffisamment d'armement". Il n'est besoin que de relever cette phrase, pour stigmatiser en l'occurrence l'insouciance coupable de MAINGUET, pourtant chef de maquis (55 hommes environ), qui ne se rendit nullement compte du danger proche ni de sa responsabilité vis-à-vis des hommes placés sous son autorité. En effet, non seulement il ne prenait aucune mesure spéciale comme la suite des événements l'a irréfutablement démontré, mais encore il ajoutait à son attitude irréfléchie, une imprudence criminelle comme cela ressort nettement de notre enquête sur ce point.
 
Indiquons seulement pour la clarté de cet exposé que dans la matinée du 7 juin et entre midi et l'arrivée des allemands, MAINGUET a reçu à trois reprises, la visite de JUTEAU qui lui a notamment rendu compte de la distribution d'armes effectuée la veille par lui et l'a entretenu de diverses autres questions intéressant la préparation du groupe pour l'action en campagne, sa subsistance, ses points d'action et de repli, etc… etc…
 
Là s'arrête la relation de l'action allemande proprement dite dans son ensemble, car, leurs forfaits accomplis, ayant exécuté sommairement 17 patriotes dans la seule journée du 7 juin, les S.S. quittèrent ST PIERRE DE CLAIRAC, après ce qui vient d'être relaté, pour regagner AGEN, gardant toujours entre leurs mains GUICHARD, ESCH, STREFF, JACQUES, qu'ils vont s'appliquer encore à faire parler sous les tortures.
 
 
 
 
 
 
Indiquons enfin, pour en terminer avec cette première partie consacrée à l'exposé des événements dans leur ordre chronologique, que aucun progrès ou presque (arrestation de M. MAZEAU, père du combattant de LA CLOTTE en raison de ce fait et de son attitude dans la "Résistance Fer" en sa qualité de S/Chef de gare à AGEN), à part quelques perquisitions infructueuses (P.V. 20, 19, 30, 24), n'a suivi l'ensemble de ces opérations. Pourtant il est établi que la Gestapo possédait également une certaine documentation sur d'autres nids de résistance, tels que PUYMIROL, ST CAPRAIS DE LERM, LA SAUVETAT, etc… qui par un fait inexplicable n'ont pas été inquiétés. La raison, semble-t-il, ne peut en être trouvée que dans le fait que le débarquement était déjà opéré et réussi ; et dans la nécessité donc, pour les services de Police allemands de concentrer plus précisément leur action dans la recherche de parachutistes et la neutralisation d'organismes revêtant une bien plus grande importance que celui dont il vient d'être décrit l'anéantissement.
 
Pour donner naturellement suite à ce qui précède, il convient maintenant, au cours de cette deuxième partie de procéder logiquement à l'interprétation cohérente des faits décrits et de déterminer d'une façon aussi précise que possible quel a été le résultat acquis par la Gestapo à la suite de l'arrestation de chaque individu et dans quelle mesure ces résultats divers ont concouru à la possibilité du déclenchement de chaque opération suivante :
 
A) CAS JACQUES Eugène :
 
Disons nettement d'abord que la déclaration du susnommé ne paraît pas empreinte d'une grande franchise et rentre, comme indiqué précédemment, en contradiction avec des renseignements établis par ailleurs. Celui-ci affirme en fait avoir été arrêté à 2 heures du matin dans des conditions telles que les allemands savaient que son arme lui avait été remise par GUICHARD, niant tout interrogatoire à la Gestapo entre son arrestation et celle de GUICHARD. JACQUES avance évidemment de telles assertions dans le seul but de prouver qu'il n'a été pour rien dans la capture de GUICHARD et qu'il n'a rien révélé dans le laps de temps qui nous intéresse. Or, JACQUES aurait été arrêté à 1 heure du matin et non 2 heures (P.V. 38 et 40), alors que GUICHARD ne l'a été lui-même qu'à 4 heures, posant comme à peu près certain que les allemands ont quitté la maison de JACQUES vers 2 heures (P.V. 38 - 40), on peut se demander ce qu'a pu se passer entre 2 heures et 4 heures, si ce n'est un interrogatoire de JACQUES à la Gestapo d'AGEN (suppositions d'ailleurs confirmées par les déclarations d'HANACK et DELPUCH dans leurs dossiers de la Cour de Justice d'AGEN). En fait, il apparaît comme beaucoup plus logique s'appuyant en cela sur ce qui a été relaté plus haut, que JACQUES, arrêté, trouvé possesseur d'une mitraillette et de balles (fait connu d'ailleurs par la Gestapo) n'a pu faire autrement que d'avancer que c'était un nommé GUICHARD qui lui avait remis cet armement et cela avec d'autant plus de facilité qu'il était blessé aux deux jambes, que son ardeur dans la résistance était peu chaude et apprenant enfin que les allemands savaient quelle était la nature exacte dudit armement (cf. infra).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il me paraît équitable de poser une telle hypothèse car elle concorde strictement avec les deux faits principaux à la base de l'affaire entière, à savoir :
 
1° - Seul JACQUES avait été dénoncé au départ comme possédant tel armement.
 
2° - La Gestapo initialement ne pensait arrêter que JACQUES à l'exclusion de tous autres,
faits coïncidant en tous points avec les façons d'opérer des allemands, de bout en bout d'ailleurs.
 
Ainsi donc, s'expliqueraient parfaitement l'arrestation de GUICHARD à 4 heures du matin, et le fait que JACQUES n'ait subi aucune violence.
 
B) CAS GUICHARD Raymond :
 
Confirmant ce qui précède, celui-ci est arrêté et, immédiatement considéré comme plus important que le précédent, fait l'objet d'un "matraquage" sévère, en raison également de la découverte chez lui (P.V. 31) de documents et objets attestant par leur seule présence le rôle certain joué par lui dans la résistance. En effet, comme indiqué plus haut, la Gestapo, s'empare dès ce moment de nombreuses listes clandestines, d'une carte portant des points stratégiques et d'un carnet contenant également une documentation importante, sur le groupe clandestin de STREFF ; soulignons-le, les allemands apprennent alors l'existence des châteaux de LA CLOTTE, de CASTELCULIER, d'un maquis à ST PIERRE DE CLAIRAC (avec probablement l'indication de ses chefs MAINGUET et JUTEAU) etc… Cette documentation va alors leur servir de base dans leurs interrogatoires futurs et leur permettre de montrer à leurs victimes qu'ils sont au courant de tout.
 
Il est de ma profonde conviction en effet, que GUICHARD vu l'importance des faits dont il endosse la responsabilité a déposé sincèrement, ne cherchant pas notamment, tout au long de son interrogatoire (P.V. 31) à rejeter les fautes commises sur d'autres camarades du groupe. Une seule chose reste peu claire dans les faits auxquels il a été mêlé : pourquoi les allemands l'ont-ils amené dans leurs opérations ? La seule explication en est, semble-t-il qu'ils l'ont fait non pour montrer le chemin (aussi bien connu par JACQUES ou autres), mais parce que les informations servant de base à ces actions avaient été recueillies chez lui, d'où possibilité pour la Gestapo de lui demander des renseignements complémentaires.
 
Il paraît évident, enfin que GUICHARD, mis devant ses propres documents et torturé n'a pu faire autrement que de reconnaître ce qu'ils contenaient et ce qui pouvait en faire suite. Il a toutefois montré un certain courage alors que, voyant la vie de sa femme directement menacée (P.V. 30), il n'a pas pour cela parlé à ce moment-là.
 
C – CAS STREFF Fred et secondairement ESCH Paul
 
Je n'insisterai pas autrement sur ces deux arrestations naturellement provoquées (cf. supra) par la découverte chez GUICHARD de la voiture de ESCH contenant son sac tyrolien et celui
 
 
 
 
 
 
 
de STREFF. Celui-ci mort, j'indiquerai seulement pour mémoire, que sur sa personne également aurait été trouvée une documentation imposante de son groupe venant compléter celle découverte chez GUICHARD et que malgré ce, il semble établi que STREFF ait eu une attitude extrêmement courageuse, par la suite au cours des tortures qui lui furent infligées. STREFF, d'ailleurs, à la suite d'une intervention féminine (P.V. 25) était échangé contre un officier allemand prisonnier du maquis de NERAC et remis en liberté par la Gestapo.
 
Quant à M. ESCH Paul, peu documenté et personnage nettement secondaire (P.V. 21), il ne faisait pour ces raisons, de la part des allemands, l'objet que d'interrogatoires de contrôle, reconnaissant d'ailleurs, ce qui pouvait lui être reproché dans son action clandestine.
 
D – OPERATIONS de LA CLOTTE et de CASTELCULIER
 
Le 7 juin à 9 heures donc, la Gestapo détenant un faisceau de renseignements précis et complets, organise avec des S.S. une expédition armée aux châteaux de LA CLOTTE et de CASTELCULIER (voir plus haut) pour s'emparer plus particulièrement, semble-t-il, des dépôts d'armes pouvant exister (P.V. 31).
 
Comme exposé précédemment l'action entreprise sera maintenant continue et se prolongera de 11 à 17 heures le même jour. Aucun fait spécial, autre que précédemment décrit n'étant à signaler au cours de ces deux opérations.
 
E) – OPERATION de ST PIERRE DE CLAIRAC
 
Dans cette localité, vu leur façon d'opérer, il est indiscutable que les allemands venaient y arrêter MAINGUET et probablement JUTEAU, envisageant pourtant, si l'on tient compte de l'accompagnement de la colonne, la possibilité d'un engagement entre eux et le maquis local. Le problème essentiel ici était de déceler comment les allemands avaient découvert la liste des résistants, ce fait capital ayant directement entraîné le massacre de 11 patriotes (dont 3 pourtant fortuitement).
 
Reprenant la relation faite de cet événement dans la première partie de ce rapport, il apparaît nettement que la veille, 6 juin au soir, JUTEAU avait au cours de la distribution d'armes dressé une liste correspondant à cette opération.
 
Cette liste, selon le témoignage de M. ROUX (P.V. 17) était écrite au crayon, sans autres précisions. Par ailleurs, MAINGUET, au cours de son audition (P.V. 26) reconnaît, le matin du 7 juin, avoir dressé lui-même une autre liste, également au crayon, sur une feuille quadrillée de papier d'écolier, portant les membres de son groupe répartis entre les communes de ST PIERRE DE CLAIRAC, PUYMIROL, ST CAPRAIS DE LERM, etc…, au nombre d'une cinquantaine, sur une seule face de la page employée, recevant par ailleurs par trois fois jusqu'à l'arrivée des allemands à 15 heures, la visite de son adjoint JUTEAU. Comme indiqué précédemment, l'affirmation de MAINGUET selon laquelle il aurait détruit sa propre liste avant midi, s'est avérée mensongère, ce qui induit naturellement à croire que cette liste a été découverte et utilisée par la Gestapo
 
 
 
 
 
 
pour fusiller les patriotes de ST PIERRE DE CLAIRAC. Bref, il ressort nettement de notre enquête, minutieusement diligentée sur ce point spécial que la déclaration de MAINGUET est entachée de fausses affirmations et doit donc être considérée comme digne de très peu de foi.
 
Par ailleurs le même MAINGUET ne peut déterminer si JUTEAU a laissé chez lui, au cours de ses comptes rendus successifs, un quelconque document pouvant s'apparenter avec celui utilisé par les allemands et il restera tout au long de son audition dans la limite des vagues suppositions quant à la trouvaille chez lui d'une liste. Il reconnaît pourtant l'éventualité de l'abandon dans sa cuisine de "papiers ou brouillons ayant pu porter des indications sur les membres de son groupe de résistance" (in fine). Par contre, il affirme formellement que sa liste (soi-disant détruite la matinée du 6 juin) ou ses documents n'avaient trait qu'à l'emplacement des "bouchons" tels que : LASPEYRES, ST JEAN DE THURAC (ou REDON) etc… à l'exclusion de toute indication d'armement, outre ce qui a été indiqué plus haut (noms). Afin de déterminer la nature de la liste de MAINGUET vue chez lui, avant l'arrivée des allemands, et celle vue entre les mains de ceux-ci (HANACK), au cours de l'opération elle-même.
 
Dans le premier sens, MM. GAYRAL André (P.V. 3), Charles LAJEUNIE (P.V. 10) affirment que postérieurement à midi le 7 juin, MAINGUET avait dans sa cuisine un papier s'apparentant nettement avec une feuille de cahier d'écolier (quadrillée), portant des noms. Le premier nommé précise même que ce document se composait de deux parties, d'un côté des noms, de l'autre, l'armement correspondant aux noms, une face étant presque totalement remplie. Par ailleurs le sieur ROUX (P.V. 17) atteste la présence chez MAINGUET, vers 13 heures 30, d'une liste paraissant s'apparenter avec celle décrite par MAINGUET lui-même.
 
Dans le deuxième sens, le sieur ESPINASSE (P.V. 16) déclare que le papier que tenait HANACK était blanc avec une raie rouge (papier d'écolier), fait confirmé d'ailleurs par GUICHARD qui aurait vu une trentaine de noms sur le même document.
 
Enfin HANACK lui-même affirmait postérieurement à son arrestation que la liste (qui lui avait été remise à ST PIERRE) était écrite au crayon, sur papier blanc, portant des noms au recto (quelques uns au verso) se rappelait la mention des villages de ST JEAN DE THURAC, PUYMIROL et précisait que les allemands étaient spécialement venus à ST PIERRE, pour arrêter MAINGUET.
 
En fait en rapprochant ces déclarations de celles de Mme MAINGUET (P.V. 27) de sa belle-mère, Mme BALSAN (P.V. 7) et enfin de celles recueillies auprès des parents des fusillés, il apparaît comme extrêmement logique de poser l'hypothèse suivante.
 
JUTEAU, avant l'arrivée des allemands, avait dû remettre à son chef MAINGUET, la liste qu'il avait lui-même établie pour l'armement réparti et que dans le même laps de temps, probablement entre midi et 14 heures, tous deux avaient établi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
avec leurs documents respectifs une liste unique portant "bouchons" effectifs, et attribution respective d'armes qu'ils finissaient de dresser au moment de l'irruption des allemands chez MAINGUET.
 
Ce qui :
 
1° - explique que 10 patriotes aient été fusillés (ceux portés comme détenant telle ou telle arme), alors que le document portait beaucoup plus de noms et,
 
2° - certaines divergences quant à la description de cette liste par divers témoins,
 
3° - motive l'abandon par les allemands d'une action contre les autres localités portées (pas d'indication d'armement),
 
4° - coïncide avec les déclarations mêmes de HANACK et celles de divers autres témoins,
 
5° - confirme l'argumentation s'y rapportant écartant notamment que ce soit sur JUTEAU que le document ait été découvert, celui-ci ayant été laissé dans la position même où il tomba et non fouillé (P.V. 27).
 
Vu ce qui précède et en faisant la part de la vindicte de la population de ST PIERRE DE CLAIRAC vis-à-vis de MAINGUET basée sur son impudence et sur son imprévoyance (avertissement du combat à LA CLOTTE) et sur le fait qu'il fut le seul à sauver sa vie dans ces douloureux événements, il n'en demeure pas moins en toute objectivité que MAINGUET, à notre avis, endosse une très lourde responsabilité dans l'exécution des 8 patriotes de son groupe par les allemands. Quant aux trois personnes fusillées CASTEX, BAZILLE (non résistants) et FONTAINE (groupe GUICHARD) elles furent victimes d'incidences malheureuses ne se rapportant pas directement aux faits et qui les firent mettre dans les rangs des "martyrs" de ST PIERRE (P.V. 3, 4 et autres).
 
ORIGINES DE L'AFFAIRE
 
Ayant relaté dans une première partie les faits constituant l'ensemble de l'affaire et dans une deuxième interprété ces faits en nous efforçant d'en tirer leurs conséquences et la responsabilité de chacun, il convient maintenant d'exposer comment et par qui, l'arrestation de JACQUES a pu être effectuée par la Gestapo d'AGEN.
 
HANACK et DELPUCH ayant été exécutés, je reprendrai au cours de cette troisième partie les déclarations qu'ils ont faites, antérieurement, devant des magistrats. Les indications fournies par eux ne seront utilisées qu'à titre de renseignements.
 
En tout premier lieu, il faut faire ressortir que la Gestapo venant arrêter JACQUES (P.V. 22) paraissait parfaitement au courant de la nature de son armement et de ce qui le contenait. En effet, les premiers mots prononcés par BOUBOULE (DELPUCH) furent : "Donne-nous la mitraillette que tu as dans un sac". N'ayant ici aucune raison de douter de la sincérité des affirmations de JACQUES, il semble donc déjà nettement établi que celui-ci avait été dénoncé par une personne qui avait été mise en possession de tels renseignements précis, ou, au moins, par l'intermédiaire
 
 
d'une telle personne.
 
Or, (P.V. 22, 37, 38, 40) JACQUES à STE RADEGONDE était le voisin d'un nommé LANGE Georges d'AGEN, qui venait journellement cultiver son jardin, sis tout à côté de la maison de JACQUES, et avec lequel il entretenait les meilleures relations de voisinage. Par ailleurs, JACQUES, inconscient avait précisément caché sa mitraillette dans le hangar dont M. LANGE détenait la clé, et le 6 juin au soir, désireux de récupérer son armement comme ordonné, il avait été obligé de demander la clé du hangar à M. LANGE qui, à cette occasion (P.V. 37) avait fort bien su que l'objet empaqueté dans un sac gris que JACQUES retirait du hangar, n'était autre qu'une mitraillette.
 
Ici, se place une divergence sensible entre les déclarations de JACQUES et celles de LANGE quant à la façon dont ce dernier aurait connu la détention de la mitraillette.
 
En effet, JACQUES affirme,que le soir du 6 juin, M. LANGE pénétrant fortuitement chez lui, avait vu sa mitraillette sur la table, deux bouteilles contenant des balles, à la suite de quoi LANGE aurait émis l'opinion que son fils serait "inquiété" sans autres précisions.
 
LANGE lui, avance que la connaissance que JACQUES avait une mitraillette lui était venue de la propre bouche de JACQUES et qu'il n'a pas vu effectivement cette arme. Il nie également avoir déclaré dans ces circonstances que son fils serait inquiété.
 
Il n'en demeure pas moins établi, et c'est là le point important que le 6 juin au soir, vers 18 heures, LANGE savait que JACQUES avait une mitraillette dans un sac gris, qu'il faisait partie de la résistance et que des événements graves se préparaient activement contre les allemands et le Gouvernement de fait. Je soulignerai seulement pour mémoire, l'attitude imprudente et dénuée de tout sens commun de JACQUES, qui délibérément, mit un individu dont il ne connaissait pas les sentiments, dans la confidence de faits intéressant directement la résistance jusqu'au point de révéler l'existence d'une "réunion à minuit" en précisant qu'il s'agirait vraisemblablement du Château de LA CLOTTE.
 
Cependant, il se trouvait que LANGE avait un fils, Jean, dont il ignorait, affirme-t-il, la qualité de milicien. On peut supposer que les renseignements acquis par le père LANGE étant tombés à la connaissance du fils, celui-ci en ait informé à son tour la milice, d'où le déclenchement des opérations initiales.
 
Nous avons alors naturellement procédé à un long interrogatoire de M. LANGE père, de sa femme et de sa belle-fille (P.V. 37, 35, 36), son fils condamné à mort par contumace, par la Cour de Justice d'AGEN étant en fuite.
 
Comme cela était à prévoir, LANGE père, sentant que de son aveu dépendait à peu près sûrement la culpabilité de son fils dans l'affaire, a évidemment nié longuement avoir communiqué les révélations de JACQUES à son fils ou à la femme de celui-ci. Il reconnaît
 
 
 
 
 
 
 
 
seulement avoir entretenu sa femme de cela le 6 juin au soir, en rentrant du jardin, à l'exclusion de toute autre personne. Tout au plus avec maintes réticences, admet-il qu'il aurait pu le faire sans pouvoir préciser si son fils (qui avait son bureau dans son appartement) était ou non dans une autre pièce de cet appartement, quand il racontait à sa femme ce que JACQUES lui avait fait connaître (ceci vers 19 heures).
 
En réalité, la vérité semble sensiblement différente, ceci pour plusieurs raisons essentielles :
 
1° - D'abord JACQUES avait informé le père LANGE que le maquis allait attaquer AGEN, et qu'il ferait peut-être mieux en conséquence de se réfugier d'ores et déjà à la campagne. Quoi de plus naturel alors pour LANGE sans autre arrière-pensée d'avertir son fils de ces faits. Il n'était d'ailleurs que 19 heures environ quand LANGE en parle à sa femme et il reste possible même probable que son fils se trouvait encore chez lui à cette heure-là pour son travail, quoi que ayant une habitation distincte de ses parents.
 
2° - Comment les allemands auraient-ils pu avoir connaissance de ce détail précis que JACQUES avait une mitraillette, dans un sac gris, si ce n'est par l'intermédiaire de la famille LANGE ? (cf. supra).
 
3° - Coïncidence troublante, l'entretien JACQUES-LANGE a lieu le 6 juin au soir, l'arrestation du premier nommé se produit quelques heures après dans des circonstances telles que la dénonciation semblait évidente.
 
4° - Pourquoi le fils LANGE, milicien durant quelques jours seulement, a-t-il pris la fuite et pris la précaution de rester hors-la-loi de longs mois durant et jusqu'à ce jour, sinon parce qu'il se sent coupable d'une délation aux graves conséquences ?
 
5° - Par qui les allemands sont-ils conduits le 7 juin à 1 heure du matin au domicile de JACQUES très difficile à trouver en plein jour, comme j'ai pu le constater moi-même, sinon par LANGE, resté soigneusement dans la coulisse dans cette opération. Egalement qui (P.V. 40 SAURIN) a indiqué sur place à la Gestapo, qu'elle se trompait en arrêtant M. SAURIN ? Si ce n'est un familier ?
 
6° - Et enfin pourquoi HANACK et DELPUCH ont-ils déclaré, après leur propre arrestation, que c'étaient les miliciens LANGE et GASTON qui étaient à la base de toute l'affaire par la dénonciation de JACQUES, affirmation coïncidant parfaitement avec ce qui vient d'être exposé.
 
Il n'est besoin encore que d'ajouter à cela l'attitude de LANGE, durant son audition dont se dégageait nettement la volonté de couvrir son fils en fuite et lui-même en niant quasiment l'évidence.
 
Nous appuyant sur tous ces arguments, il ressort qu'en indiquant ce qui suit, la vérité paraît être établie.
 
 
 
 
 
 
Le père LANGE recevant involontairement sans doute les révélations sus indiquées de JACQUES en a très certainement informé son fils à toutes fins utiles (notamment précautions à prendre) sans d'ailleurs avoir la volonté de nuire à JACQUES et ignorant peut-être la qualité de milicien de son fils. Celui-ci, effrayé, ami intime du milicien GASTON (en fuite) a pu répéter tout cela à celui-ci, ce qui, inévitablement, a abouti à la Gestapo (confirmé par HANACK).
 
On peut admettre en toute objectivité que d'une part le père LANGE n'a pas eu la volonté de nuire à JACQUES et d'autre part que son fils a pu être dépassé par la suite par les événements découlant de son acte et imprévisibles (cf. notre 2ème partie), et qu'il a eu peut-être la main forcée par l'intervention de la Gestapo, mais il n'en demeure pas moins de notre profonde conviction, que c'est bien de la façon susvisée que le déclenchement initial de toute l'affaire a pu être provoqué.
 
Une dernière constatation enfin, corrobore tout cela : LANGE Jean était démissionnaire de la Milice fin juin 1944 soit quelques jours après les événements présents, fait qui paraît assez éloquent par lui-même, vu ce qui précède.
 
Nous étant efforcés par ailleurs d'identifier les Français mêlés aux diverses opérations décrites au long de notre première partie ; il apparaissait que à part HANACK, DELPUCH (fusillés), GASTON, LANGE (au début), en fuite tous deux, et deux Waffen S.S., dont l'identité exacte n'a pu être percée. Un nommé AMALRIC Pierre, demeurant à AGEN y aurait également participé, si l'on s'en tient aux déclarations de HANACK, BOUBOULE, GUICHARD, faites à la Cour de Justice d'AGEN.
 
Or, antérieurement à notre enquête présente, le sieur AMALRIC Pierre se trouvait avoir été condamné le 25/7/1945 à 5 ans d'indignité Nationale par la Chambre Civique du Lot-et-Garonne, pour son appartenance à la Milice à l'exclusion de toute participation à l'affaire présente, en raison d'un alibi fourni par un membre féminin de la Résistance.
 
Respectueux de la décision judiciaire intervenue dans les formes légales, il n'a pas été procédé par nous, à une enquête sur le point de savoir si AMALRIC avait participé ou non au déclenchement des opérations du 7 juin 1944. Il n'en demeure pas moins troublant que HANACK et BOUBOULE accusent formellement AMALRIC de cela, notamment d'être venu le 6 juin, vers 22 heures 30 à la Gestapo d'AGEN avec GASTON et son compagnon LANGE, pour la prévenir de l'existence d'armes chez un nommé JACQUES Eugène à STE RADEGONDE.
 
Parvenus donc à l'intime conviction que les nommés LANGE et accessoirement GASTON étaient à la base de notre affaire, il ne restait plus pour clore celle-ci, qu'à appréhender les deux susnommés en fuite, tous deux faisant l'objet de mandats d'arrêt, en date du 30 mai 1945.
 
Par des voies de natures diverses, il était non sans peine établi que LANGE Jean, dissocié de GASTON, vivait à PARIS,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
et par message radio du 18/4/1946, la 1ère Brigade de Police Judiciaire de PARIS était mise par nous en possession de certaines précisions, mais les recherches entreprises jusqu'à ce jour, sont demeurées infructueuses, de même que pour GASTON d'ailleurs.
 
Deux perquisitions enfin opérées aux domiciles des deux susnommés, en vue de recueillir tous renseignements utiles les concernant (P.V. 33 et 34), ne donnèrent pas davantage de résultats.
 
CONCLUSION
 
Pour terminer cet exposé dénué de toute supposition non étayée par des faits logiques, il ne suffira que de rappeler brièvement que l'affaire qui s'achève n'a nullement été faite par les allemands sur leur propre initiative, mais comporte à sa base, une dénonciation d'un seul patriote suivie de l'arrestation de plusieurs autres, pour aboutir par un enchaînement des événements, à l'exécution de 17 patriotes Français.
 
Indiquons seulement que l'organisation et la qualité du groupe clandestin STREFF, laissaient fortement à désirer, comme cela a été confirmé par l'expérience et que la plupart de ses membres ont pêché par inconscience grave (JACQUES), par imprudences regrettables, permettant à la Gestapo d'opérer sûrement (GUICHARD, STREFF, MAINGUET) et par manque d'assurance dans l'adversité qui les frappa un à un. En effet, il a suffi de l'arrestation d'un seul, peu important d'ailleurs, pour déclencher une catastrophe, tout en reconnaissant cependant que celui-là, à savoir JACQUES, doit endosser une grande responsabilité, dans tout ce qui a suivi en raison des fautes qu'il a pu accumuler dans ses actes et dans son attitude générale toute entière.
 
Il n'en demeure pas moins que je n'hésiterai pas à conclure cette enquête en affirmant que le coupable initial doit être le fils LANGE, car tout ce qui a été établi converge vers cette affirmation, dont nous mesurons toute l'importance, en supposant toujours que son père ne l'ait informé qu'à titre privé, sans intention de nuire.
 
L'Inspecteur de Sûreté Nationale.
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