Overblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
  le blog labrousse.erick par : ERICK

Droit et Devoir de Mémoire deuxième guerre mondiale 1940 1945 LUTTER CONTRE LA RÉHABILITATION DE VICHY OU DE SON ADMINISTRATION DE L ÉTAT FRANÇAIS

Publicité

ville de bordeaux SNCF et la deportation

Publicité

 

Le tunnel garde son mystère

Le passage souterrain et le blockhaus de la gare ont-ils été le dernier lieu

de passage des déportés en route pour Drancy ? La visite des lieux ne manque pas d'émouvoir, mais la question reste entière.Cela demontre l'implication de la SNCF et de la deportation suite a cette mise en place afin de cacher aux voyageurs l'existence de la deportation dans des wagons a bestiaux de Juifs,resistants ou politique..

 

La SNCF inventera l'Herure d'ete suite aux accords de Wansse pour faciliter les communications et les transports vers l'Est 

Deux volées de marches en pierre qui descendent sous terre, sous la gare Saint-Jean de Bordeaux. «WEITERGEHEN, AVANCEZ», ordonnent les deux mots peints en noir sur le mur. Suivis d'une flèche, ils se répètent à quelques mètres de là. Ce n'est pas une certitude, mais une forte probabilité, «on peut supposer qu'on faisait passer les déportés par ce tunnel», avance Francis Servens, assistant technique à la SNCF. C'est sans doute par là qu'entre 1942 et 1944 des cohortes d'hommes, de femmes et d'enfants juifs ont été amenés du camp de Mérignac, dans les cars réservés par la préfecture, pour être entassés dans les trains qui les conduisaient à Drancy. «Sans que personne ne les voie», précise Francis Servens. Et c'était important, cette discrétion, à l'époque. Nombreuses sont en effet les notes de la préfecture s'inquiétant des troubles à l'ordre public causés par les rafles de juifs à Bordeaux et dans la région. Au-dessus de la galerie souterraine, le long de la gare, il y a un parking où pouvaient se garer facilement les bus. Juste en face d'une porte discrète qui s'ouvre à trois mètres de celle du souterrain, côté nord. Jusqu'aux récents travaux de rénovation, la galerie parcourait toute la gare dans sa longueur, jusqu'au sud. Là où se trouvait alors la gare de marchandises. Les wagons à bestiaux. Au-dessus de la terre, dans la gare voyageurs, nul ne pouvait alors apercevoir les juifs qui partaient vers la mort. Francis Servens a cherché. A la bibliothèque municipale, au centre Jean-Moulin. Mais nulle part, il n'est fait allusion au tunnel, «qui, d'ailleurs, jusqu'au procès Papon, n'a intéressé personne», dit-il. Aujourd'hui, la galerie est coupée et débouche désormais sur le vaste hall de départ de la gare. Il sert d'entrepôt de fournitures et est strié de câbles électriques. Quand, il y a quinze jours, France 2 a filmé le tunnel, Francis Servens a espéré, mais personne ne s'est manifesté: «Ceux qui sont partis ne sont pas revenus. Ceux qui les ont escortés ne tiennent sûrement pas à ce que cela se sache et ceux qui ont vu mais ont tourné la tête non plus.» A quelques pas de là, au fond de la lampisterie, il y a une lourde porte en fer. L'entrée d'un blockhaus. Il y a dix ans, Bernard Gistau, le chef lampiste, a vu arriver un vieil homme. Il disait être ingénieur à la retraite de la SNCF, et semblait très ému. «Savez-vous ce qui s'est passé derrière cette porte?», lui a-t-il demandé. Et il a raconté. Dès la première salle, l'air est rare et trois énormes mécanismes de marque Piller s'actionnent par une manivelle. Selon le visiteur, les prisonniers des Allemands devaient les tourner sans relâche pour donner de l'air qui entrait par les souffleries du plafond en acier. Sur les murs de béton, se détachent distinctement des dizaines d'impacts de balles à hauteur d'homme. Les traces des exécutions de résistants ou de prisonniers, a avancé le retraité. Des marques de balles sur les parois, on en voit aussi dans un des minuscules cachots de deux mètres carrés, fermés par de lourdes portes. «De la sortie du souterrain, il suffisait de quelques mètres dans le bâtiment pour déboucher sur le blockhaus, sans que personne ne voie rien», explique Bernard Gistau. A l'air libre, juste au-dessus, un petit jardin masque le blockhaus, à la vue de tous, évitant les bombardements. De ses recherches Francis Servens a ressorti les noms de résistants du rail. Grands et petits. Ceux qui faisaient sauter les ponts comme ceux qui remplissaient de gravier les bidons d'huile des essieux ou qui permutaient les panneaux de destination des trains. Mais rien sur l'histoire de la gare pendant l'Occupation, «qui n'a apparemment pas intéressé les historiens», regrette-t-il. Et le vieil homme n'est jamais revenu. Me Alain Lévy, avocat des parties civiles, a demandé que la cour puisse visionner le reportage de France 2. Le procès permettra peut-être de connaître alors le cheminement des déportés sous la gare

De plus les allemands ont deporte tous les gens dans le Tarn et Garonne qui habitait autour de la gare par la protection civile en 1943

 

En gare de Bordeaux, sous le quai numéro 1, subsistent les traces d'un passage souterrain qu'ont emprunté les juifs déportés en secret.

Simon, Maurice, Victor, Georgette, Anna, Charlotte, Emmanuel... et trop d'autres, ont du passer par là dans ce souterrain de la gare Saint-Jean, assez haut de plafond pour se tenir debout, assez étroit pour s'y bouculer quand on ordonnait de presser le pas.
En tout cas il ne fallait pas traîner à en croire les inscriptions encore bien lisibles " WEITERGEHEN, AVANCEZ ", peintes en lettres noires sur les murs, avec flêche à l'appui qui pointait une destination encore inconnue. A cinq mètres sous terre, cette étrange galerie qui, comme d'autres, truffe le sous-sol de la gare, est au-dessous du quai numéro 1. Elle abrite quelques matériels, quelques fournitures et des cablages techniques accrochés tout le long des murs.
On n'a pas retrouvé de documents écrits sur ce couloir gris pour la simple raison que ceux qui l'on emprunté ne sont jamais revenus de leur destination finale. Mais, au vu de la disposition des flêches, on peut penser que les juifs déportés ont emprunté ce souterrain à partir du bâtiment nord de la gare, à deux pas du pont en U, côté poste.
Il y a effectivement la place de garer les autobus qui auraient pu amener, du camp de Mérignac, les juifs internés ou tout juste raflés qui allaient être conduits à Drancy avant de rejoindre Auschwitz. Ici, derrière une porte, une dizaine de marches conduisent à ce sinistre couloir que 1 484 juifs ont sans doute emprunté. Une descente dans un monde clos où flottent des odeurs indéterminées...
Ils ressortaient probablement plus loin, au bout du quai A, là où se trouvait alors la gare de marchandises, aujourd'hui occupée par les messageries.

 

Ni vu ni connu

En les faisant passer ainsi sous terre, ils partaient, ni vu ni connu, vers les camps, français d'abord, allemands ensuite. Ces voyageurs sans bagages ne croisaient jamais les autres. Tout se passait donc à l'abri des regards. Qui les a vus le 28 juillet, le 26 août 1942, le 25 novembre 1943, le 12 janvier 1944 ... ?
Francis Servens, l'assistant technique du chef de gare, a cherché à en savoir plus. Les archives de la gare sont pauvres, semble-t-il. Il est allé à la Bibliothèque de Bordeaux, au Centre national Jean Moulin... Il est revenu bredouille mais avec un document sur Charles Domercq, sous-chef de gare principal, grand résistant, arrêté le 12 juillet 1944, torturé à mort. Chef de Résistance Fer de Bordeaux- Midi, il dirigeait aussi celle de Bordeaux-Etat et Bordeaux-Orléans.
Autre lieu de mémoire à la gare, le blockaus qui jouxte la lampisterie, au pied du pont en U. Depuis qu'il y a une dizaine d'années, un ingénieur de la SNCF qui s'intéressait à l'histoire lui a révélé l'utilisation du lieu, Bernard Gistau, chef de la lampisterie, le fait visiter à tous les collègues qui passent là. " Du jour où j'ai su, je l'ai montré à tout le monde. J'espère pouvoir en parler aussi un jour à mes petits- enfants " disait-il hier, en tirant une lourde porte blindée.
Derrière, quelques petites pièces et cellules où règne une atmosphère moite et chaude. Du plafond, constitué de lourdes plaques de métal, pendent de curieuses stalactites. L'air est pratiquement irrespirable.

Des traces de balles

Dans la première, demeure un appareil de ventilation manuelle de marque allemande. La manivelle tourne encore déclenchant un souffle lourd mais aucun air ne sort des bouches du plafond, elles sont encrassées par cinquante ans de dépôts. Juste à côté, des traces de balles de fort calibre sont encore bien visibles. Toutes à hauteur de thorax. La pierre est éclatée en plusieurs endroits. Même chose dans une petite cellule, juste en face. Les tireurs se sont mis le plus loin possible, ils avaient 15 mètres de recul pour éviter les balles qui ricochent.
Qui est mort là ? Des juifs, des résistants ? Le blockaus appartient aujourd'hui à l'Armée. Il y a juste quelques pots de graisse derrière cette lourde porte qui est, dit-on, toujours restée ouverte. Comme une page d'histoire qui refuserait de tourner.
Jean-Francis Garrigue, directeur de la gare Saint-Jean, souhaite aussi que l'on n'oublie jamais les pages écrites par les cheminots. " Beaucoup ont été résistants au froid surtout Beaucoup donnaient des renseignements et c'était capital car comme les routes étaient en mauvais état, qu'on manquait de carburant, le chemin de fer était le moyen de transport le plus performant et très utilisé par les Allemands et vichy pour le STO . Les cheminots étaient particulièrement surveillés, la gare était sous double administration, il y avait un chef de gare français, un Allemand, pareil pour les sous-chefs. Les Allemands avaient réquisitionné les bâtiments du Lycée Gustave Eiffel pour y installer leur commandement. Les Français eux, étaient boulevard Amédée Saint-Germain. Les officiers allemands contrôlaient tous les convois, le transport de leurs permissionnaires et l'arrivée de leurs munitions... "
Aujourd'hui, le directeur de la gare ne manque jamais, chaque 22 mars, dans une classe de Gustave Eiffel, la cérémonie devant le mémorial d'Edouard Tarif, exécuté par les Allemands. Sous-chef de gare au Havre, envoyé à Bordeaux, depuis le PC du Lycée Gustave Eiffel, il faisait parvenir des renseignements. Cela lui a coûté la vie le 22 mars 1944.

Mais jamais le speudo resistance de la SNCf a fait decrocher la plaque qui commemore le transport pour le STO 

 

 

 

 

 

Commémoration du souvenir

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article