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  le blog labrousse.erick par : ERICK

Droit et Devoir de Mémoire deuxième guerre mondiale 1940 1945 LUTTER CONTRE LA RÉHABILITATION DE VICHY OU DE SON ADMINISTRATION DE L ÉTAT FRANÇAIS

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La Plaque du Camp de Merignac rectifiée apres la découverte des morts a la Base Sous Marine de Bordeaux Bacalan

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La Plaque du Camp de Merignac rectifiée apres la découverte des morts a la Base Sous Marine de Bordeaux Bacalan
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La Plaque du Camp de Merignac rectifiée apres la découverte des morts a la Base Sous Marine de Bordeaux Bacalan
Les Roms et les Républicains les oublies de l'internement 
Le Camp de Mérignac, installé sur le site de Beau-Désert, ouvre en 1941.
Y seront internés des nomades, des juifs, des communistes du sud-ouest et des prisonniers de "droit commun".
En 1942, la Police de Sûreté Allemande exige l'aménagement d'une annexe située Quai de Bacalan, augmentant ainsi l'effectif du camp.
C'est du camp de Mérignac que furent extraits sur exigences des autorités d'occupation les otages fusillés le 22 octobre 1941 à Souge ou à Bordeaux, des déportés (communistes, résistants, juifs, réfractaires) pour les camps de concentration et les camps d'extermination. Texte officiel et sur la PLAQUE
 Voilà comment on falsifie l’Histoire
« [...] RECONDUITS AU CAMP À COUPS DE FOURCHES »

De nombreux Tsiganes ont été internés dans le "camp de nomades" de Mérignac

Du « camp de nomades » de Mérignac-Beaudésert, il ne reste rien. Les baraquements ont été détruits à la fin des années 1950. Seule une stèle, à proximité de l’échangeur 10 de la rocade bordelaise, témoigne encore – très imparfaitement – de l’histoire oubliée des Tsiganes de Gironde pendant la Seconde Guerre mondiale. Une plaque, apposée en 1995 par la LICRA , rappelle que furent détenus ici « Résistants, internés politiques, Juifs, réfractaires au STO », entre 1941 et 1944. Le mot « Tsiganes » n’est ajouté sur la pierre que vingt ans plus tard, et encore, coupé en deux, faute de place.

Pour les Tsiganes de Gironde, comme pour tous les autres « individus errants » se trouvant alors sur le sol français, le cauchemar commence dans les derniers mois de la IIIe République : au printemps 1940, ils sont assignés à résidence, sous prétexte qu’ils constituent, « pour la défense nationale et la sauvegarde du secret, un danger qui doit être écarté »

eur situation empire brutalement peu après le début de l’Occupation. Le 4 octobre 1940, le haut commandement allemand en France décrète l’internement de tous les Tsiganes de la zone occupée dans des camps « surveillés par des policiers français ». Le régime de Vichy répercute rapidement auprès des préfectures concernées cet ordre qui aboutit à la création d’une trentaine de camps pour « nomades ». En Gironde, celui de Mérignac-Beaudésert ouvre dès le 17 novembre.

Un seul baraquement est alors achevé, et les personnes qui y sont conduites doivent souvent séjourner dans leurs roulottes. Les conditions de vie sont précaires, la discipline stricte. À Mérignac comme ailleurs, « c’est l’administration française qui se charge d’organiser l’internement et les transferts, de réprimer les protestations… », indique Emmanuel Filhol (1), spécialiste de l’histoire des Tsiganes, chercheur au sein du laboratoire Épistémê de l’université Bordeaux 1.

Les internés vivent très mal la privation de liberté : ils n’ont commis aucun délit. Ils ne doivent leur internement qu’au zèle que met Vichy à satisfaire les attentes de l’occupant. « Les autorités françaises vont chercher les familles qu’elles connaissent très bien : l’administration les a encartées depuis la loi de 1912. Elles ont toutes les fiches administratives et policières les concernant ! » relève Emmanuel Filhol. Aussi retrouve-t-on dans les camps « des Tsiganes à 90, voire 95 % français », souligne-t-il.

« On crevait de faim »

Début décembre 1940, les quelque 300 nomades internés à Mérignac sont dirigés sur la Vienne. Ils sont rassemblés au camp de la route de Limoges, à Poitiers. « C’est là qu’on a commencé à connaître la famine. On crevait de faim ! Pour avoir volé une carotte fourragère, ils m’ont attaché. Ils m’ont mis torse nu et m’ont frappé avec une baguette, jusqu’à ce que je m’évanouisse. Pas les Boches, les Français, les gardes », se rappelle Gustave Offmann, âgé de 7 ou 8 ans lors des faits. Il se souvient aussi du froid : « Avec de vieilles couvertures, maman nous faisait des bouts de vêtement pour nous mettre à l’abri l’hiver. » En janvier 1943, à Poitiers, plusieurs dizaines d’internés – dont un groupe provenant de Gironde – sont déportés dans les camps de la mort. Très peu en reviendront. « Les Boches et les Français ont pris tous les hommes valides, à partir de 15 ans. Ils n’ont laissé que les vieux, les vieilles et les enfants. Tout le monde se révoltait, mais on n’a rien pu faire », explique Gustave Offmann.

Pour les autres, l’enfermement se poursuit, à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) notamment. Et la situation se dégrade encore. Au sein des baraquements règnent la promiscuité et le manque d’hygiène. Vêtements et nourriture font cruellement défaut. Plus le temps passe, plus la maladie et la malnutrition font des ravages, surtout parmi les nombreux enfants. Les aides sont insuffisantes, les soins presque inexistants. Les décès ne sont pas rares. « Il y avait des parents, avec leur enfant malade dans les bras, qui demandaient des cachets. On leur disait : "Votre enfant n’est pas assez malade." Ils faisaient 50 ou 100 mètres de plus et l’enfant était mort dans leurs bras. Ça vous marque, de voir ça… », raconte Angèle Claudio, âgée de 8 ans quand elle est arrêtée avec toute sa famille à Saint-Médard-en-Jalles.

« Ç'a été huit mois de misère ! Les femmes étaient enveloppées dans des couvertures de l’armée. Pas de vêtements, rien du tout ! Au niveau de la nourriture, c’était 100 grammes de pain par jour… Les haricots, ils les sortaient directement de la terre, et ça rentrait comme ça dans la chaudière », décrit Désiré Dorkele, né au camp des Alliers, en Charente, en mars 1942. Il a perdu cinq de ses frères des suites de l’internement.

Travaux forcés

À Montreuil-Bellay comme à Poitiers, les hommes et les adolescents sont contraints au travail forcé : nettoyage et corvées à l’intérieur du camp ; réquisitions pour travailler à l’extérieur, dans des usines, des carrières, pour des travaux de voirie, de terrassement…

Certains Tsiganes parviennent à se soustraire aux barbelés. Mais l’internement, par son caractère familial, rend généralement les évasions très compliquées. Alors, malgré la misère et la faim, il faut tenir bon, mois après mois, en attendant la fin de la guerre.

Avec la Libération, les camps de nomades sont progressivement démantelés. Les internés de Montreuil-Bellay recouvrent ainsi leur liberté à l’été 1944. Mais, dans d’autres cas, comme au camp des Alliers (Charente), il faudra attendre mai 1946.

Environ 6 500 Tsiganes furent internés en France entre 1940 et 1946. Longtemps passée sous silence, cette page de notre histoire vient de faire l’objet d’une reconnaissance officielle, soixante-dix ans après. « Nous nous souvenons de ces femmes et de ces hommes nés pour la liberté et persécutés parce qu’ils l’aimaient, simplement. La France s’incline aujourd’hui devant leur mémoire », déclare le 18 juillet dernier le secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants dans un discours prononcé devant le monument commémoratif de la rafle du Vel d’Hiv, lors de la Journée nationale de la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français.

(1) Il est l’auteur, avec Marie-Christine Hubert, du livre « Les Tsiganes en France, un sort à part : 1939–1946 », éd. Perrin (2009).

Assignés à résidence dès avril 1940, puis persécutés par Vichy, les Tsiganes de France sont envoyés dans des camps, dont celui de Mérignac (33)

 

ROPOSITION DE LOI

tendant à la reconnaissance du génocide tzigane pendant la Seconde guerre mondiale,

PRÉSENTÉE

Par M. Robert BRET, Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT, Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, MM. Michel BILLOUT, Jean-Claude DANGLOT, Mmes Annie DAVID, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Guy FISCHER, Thierry FOUCAUD, Mmes Brigitte GONTHIER-MAURIN, Gélita HOARAU, MM. Robert HUE, Gérard LE CAM, Mme Josiane MATHON-POINAT, MM. Jack RALITE, Ivan RENAR, Mme Odette TERRADE, MM. Bernard VERA, Jean-François VOGUET, François AUTAIN et Pierre BIARNÈS,

Sénateurs

(Renvoyée à la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Le terme Tzigane (ou Tsigane) est le nom utilisé aujourd'hui pour désigner de manière générique les groupes des Roms, des Manus (ou Sinti) et les Kalé (ou Gitans), populations nomades parties de l'Inde du nord-ouest aux environs de l'an mil et arrivées en Europe à la fin du Moyen Âge. Ces populations ont en commun une origine indienne, ainsi qu'une langue, le romani.

À partir du XVIème siècle, ces populations subirent des années de persécutions. Interdites d'entrée dans les villes, expulsées ou bannies, elles n'ont jamais été les bienvenues.

En France, les Tziganes ont toujours été stigmatisés. Dès 1895, l'État français décida d'établir un état nominatif des nomades. En 1912, une loi créa le carnet anthropométrique pour les nomades, sur lequel figuraient photos d'identité et empreintes digitales afin de soumettre cette population à un contrôle policier strict. Les « gens du voyage » devaient tous tenir ce titre de circulation à jour - y compris les enfants - et le présenter dans chaque commune, laquelle pouvait leur refuser le stationnement.

La dégradation des valeurs républicaines au cours des années trente consolida la xénophobie ambiante. Le gouvernement de Vichy s'inscrivit dans ce mouvement.

Ainsi, durant la Seconde guerre mondiale, les Tziganes furent persécutés pour des raisons raciales par le régime nazi. Ils subirent l'internement, le travail forcé et beaucoup furent assassinés. Les Einsatzgruppen (unités mobiles d'extermination) assassinèrent des dizaines de milliers de Tziganes dans les territoires de l'est occupés par les Allemands. En outre, des milliers d'entre eux furent tués dans les camps d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, de Chelmno, de Belzec, de Sobibor et de Treblinka. Les nazis incarcérèrent aussi des milliers de Tziganes dans les camps de concentration de Bergen-Belsen, de Sachsenhausen, de Buchenwald, de Dachau, de Mauthausen et de Ravensbrück.

Des dates dramatiques jalonnent le parcours de cette communauté d'un million sept cent mille âmes en Europe :

- le 6 avril 1940, un décret interdit la circulation des nomades sur l'ensemble du territoire : les nomades doivent se déclarer à la gendarmerie ou au commissariat et sont astreints à résidence dans les communes du département choisis par le préfet ;

- le 4 octobre 1940, le régime de Vichy autorise l'internement des « étrangers de race juive » et accède à la demande des autorités allemandes d'interner les Tziganes ;

- en mars 1941, des expériences de méthodes de stérilisation de masse sont lancées sur « des femmes tziganes indignes de reproduire » dans les camps de Ravensbrück et d'Auschwitz ;

- le 22 juin 1941, des Tziganes sont exécutés dans des camions à gaz à Kulmof ;

- le 16 décembre 1942, un décret signé Himmler ordonne la déportation des Tziganes vers le camp d'Auschwitz ;

- en mars 1943, mille sept cents Tziganes déportés de Bialystok sont gazés à leur arrivée et le 25 mai mille Tziganes tchèques subiront le même funeste sort ;

- en 1944, l'Allemagne nazie réalise des expériences d'inoculation de la tuberculose à Neuengamme, principalement sur des Tziganes ;

- dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1944, « la nuit des Gitans », quatre mille Tziganes sont gazés et brûlés dans le camp d'Auschwitz.

Au total, entre cinq cent mille et sept cent cinquante mille Tziganes sont morts, assassinés, le plus souvent gazés, par l'Allemagne hitlérienne.

En France, trente mille Tziganes ont été internés dans des camps.

Pourtant, les Tziganes furent parmi les « oubliés » du procès de  Nuremberg. De son ouverture, jusqu'à son verdict, le 1er octobre 1946, aucun Tzigane ne sera appelé à témoigner. Les victimes tziganes du régime hitlérien ne seront pas une seule fois mentionnées durant le procès de Nuremberg et plusieurs pays européens continueront de garder ces populations dans les camps d'internement pendant plusieurs mois.

Aujourd'hui, soixante-huit ans après les premières exactions nazies, il serait grand temps que la représentation nationale française reconnaisse le génocide des Tziganes (« Samudaripen ») ; ces Gitans, ces Manouches et ces Roms assassinés pour leur singularité : être des « gens du voyage ». C'est le sens de l'article premier de la présente proposition de loi.

La France ne peut se soustraire indéfiniment à ses responsabilités. Elle doit, au titre de son propre devoir de mémoire, commémorer cette triste page de l'histoire en hommage aux victimes tziganes des abominations nazies. C'est l'objet de l'article 2 de la présente proposition de loi.

Nous rappelons qu'aujourd'hui encore les Tziganes continuent d'être marginalisés, victimes d'exclusion sociale, et font toujours l'objet de discriminations et de racisme dans de nombreux États européens.

Et en France, le carnet anthropométrique, devenu carnet de circulation avec la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 est toujours en vigueur. Il impose que toute personne de plus de 16 ans n'ayant pas de résidence fixe soit en possession d'un carnet de circulation si elle n'a pas de ressources régulières ou d'un livret de circulation si elle exerce une activité professionnelle. Le premier doit être visé tous les trois mois par un commandant de police, de gendarmerie ou une autorité administrative ; le second tous les ans. Or, l'obligation de détenir un tel document ainsi que celle de le faire viser régulièrement constitue une discrimination administrative flagrante.

Aussi, les auteurs de la proposition de loi pensent-ils que la reconnaissance du génocide tzigane ainsi que la commémoration des victimes de ce génocide contribueraient à faire reculer les discriminations persistantes et favoriseraient l'intégration économique, sociale et politique des Tziganes.

D'autres pays l'ont compris et ont pris des mesures allant dans ce sens. L'Allemagne a, le 5 avril 1995, élevé une stèle à la mémoire de ces populations victimes de la barbarie hitlérienne. La Hongrie, pour sa part, commémore chaque année, depuis 2001, le souvenir des Tziganes victimes de l'holocauste auxquels elle consacre un cours d'histoire dispensé à tous les adolescents.

Par conséquent, nous considérons avec solennité que la France, placée au coeur de ce drame de l'histoire mondiale, doit rompre un silence qui n'a que trop duré et oeuvrer en conséquence.

PROPOSITION DE LOI

Article 1er

La France reconnaît publiquement le génocide tzigane perpétré par l'Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale.

La présente loi sera exécutée comme loi de l'État.

Article 2

La France commémore chaque année, le 5 avril, la mémoire des victimes du génocide tzigane de la Seconde guerre mondiale.


 

 

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