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  le blog labrousse.erick par : ERICK

Droit et Devoir de Mémoire deuxième guerre mondiale 1940 1945 LUTTER CONTRE LA RÉHABILITATION DE VICHY OU DE SON ADMINISTRATION DE L ÉTAT FRANÇAIS

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républicain espagnol

 

Sur la Résistance espagnole à Bordeaux, à la mi-1942

 

Entre avril et juin 1942, la 3e section des Renseignements Généraux (RG) agissant sur les indications d’un informateur

 

Infiltré dans l’organisation clandestine espagnole de Paris a procédé de nombreuses filatures. Les policiers se sont en particulier

 

intéressés à Luis Marrase, responsable de l’imprimerie clandestine de Villejuif. De cette imprimerie, sortaient périodiquement 5 journaux en catalan et en espagnol ainsi que du matériel de propagande en polonais. Ainsi, le 20 juin, Luis a été suivi alors qu’il expédiait plusieurs paquets de propagande en gares de Montparnasse et d’Austerlitz. Le colis à destination de Bordeaux, déposé en gare d’Austerlitz, pesait 7 kilos et était destiné à un M. Durand en gare de

 

Bordeaux. Les services de police des villes destinataires des colis de propagande ont été avisés pour mettre en œuvre une très discrète surveillance des militants venant récupérer les paquets de façon à les suivre et à les identifier, sans toutefois procéder à leur arrestation. A la gare de Bordeaux, une surveillance constante eut lieu entre le dimanche 21 juin à 19 h et le samedi 27 à 18 h. Personne ne vint réclamer le colis expédié le 20 juin de Paris. Le 27 juin à Paris, les RG déclenchèrent une grande rafle. Ce même jour, l’inspecteur René P., qui était de surveillance en gare de Bordeaux, reçut l’ordre de procéder à la saisie du colis. Apprenant qu’un second colis était en souffrance depuis le 28 mai, il le saisit également. Le lundi 29, un militant

 

Espagnol se présenta en gare pour récupérer le colis du 20 juin mais, étant sur ses gardes et soupçonnant un traquenard, ressortit aussitôt sans que la police n’ait eu le temps de l’arrêter. Un second militant l’attendait à l’extérieur de la gare, prêt à intervenir. Les arrestations survenues à Paris étaient peut être déjà signalées à Bordeaux. Le Commissaire Poinsot, dans un rapport qu’il adressa le 30 juin à sa hiérarchie, regretta de ne pas avoir été tenu informé des Tenants et aboutissants de cette affaire et conclut par ces quelques lignes : «A Bordeaux où il existe une importante colonie espagnole, laquelle comprend de nombreux éléments douteux, il importe de déceler au plus vite toute action susceptible de mettre en danger la Sûreté de l’État et la Sécurité Publique ». L’inspecteur René P. inventoria

 

Dans le colis du 28 mai les publications suivantes : « Appel à la classe ouvrière », « L’étudiant patriote » du 3 mars 42,

 

« L’Humanité» n°160 du 2 mai 42 », « La Vie Ouvrière » n° 85 du 2 mai 1942, « Mundo Obrero » de mai 42, « Reconquista de Espana » du 20 mai 42. Et dans celui du 20 juin : « L’Humanité » numéro

 

spécial de mai 1942, « Treball » du 22 juin 1942, « Reconquistade Espana » du 22 juin 1942. Il peut paraître très surprenant de constater que l’acheminement de matériel de propagande français soit également assuré, depuis Paris, par des filières clandestines espagnoles. En tout cas, la première rafle des RG contre les Résistants

 

espagnols fut un échec total en ce qui concerne l’organisation de Bordeaux (alors qu’elle fut malheureusement efficace à Paris, à Bourges et en Loire Atlantique).

 

                                       

 

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