Droit et Devoir de Mémoire deuxième guerre mondiale 1940 1945 LUTTER CONTRE LA RÉHABILITATION DE VICHY OU DE SON ADMINISTRATION DE L ÉTAT FRANÇAIS
22 Février 2021
L’Organisation de la propagande et les médias. Avant le 12 juillet 1940, il n’y a pas de ministère spécialement dévolu à la propagande du régime de Vichy. En effet, le Maréchal contrôle un Haut Commissariat à la Propagande Française, mais ce dernier ne dure pas. Le 28 octobre, le Secrétariat Général à l’Information est institué, avec à sa tête Pierre Cathala, un proche de Laval, qui contrôle de près cet organisme jusqu’au moment où il est évincé du pouvoir le 13 décembre 1940. Darlan le remplace, et le Secrétariat général à l’information change de tête. Le 23 février 1941, et en devient le chef en août. Cette nomination n’est pas une surprise, dans la mesure où il s’occupait déjà de la propagande du P.P.F. Dans son équipe, il recrute d’anciens propagandistes du P.C.F., mieux rompus à cet exercice que les proches du Maréchal.La Période Marion, ou la volonté de contrôler et encadrer. Paul Marion est un ancien membre du Parti Communiste Français rallié au Parti Populaire Français de Jacques Doriot en 1936. Il est nommé au Secrétariat Général de l’Information.Marion se fait une idée assez précise de la France, et de ce qu’il veut en faire. Pour lui, la Révolution Nationale et la restauration de l’honneur perdu de la France sont une nécessité, et la propagande est un des moyens pour la mettre en place. Pour ce faire, il faut encadrer la presse, la radio et le cinéma, afin que le message passe le mieux à destination des individus. En effet, Marion pense que seul l’Etat et sa propagande sont à même d’expliquer la situation aux Français. Pour cela, il a besoin d’une équipe efficace de propagandistes, répartie en plusieurs services : il y a d’une part le Bureau d’études, qui élabore les thèmes de propagande, et d’autre part les directions de la presse, de la propagande, de la radio, et enfin, celle du cinéma. Il tente aussi de prendre le contrôle d’organisations de jeunesse comme les Compagnons de France, conscient que les jeunes constituent un relais d’opinion auprès des parents, et qu’ils sont plus facilement contrôlables que les adultes.
Emmanuel Macron empêtré dans le débat sur l’« islamo-gauchisme »
Après la tempête provoquée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, les troupes du président se sont succédé dans les médias pour étaler leurs désaccords.Durant tout le week-end, les troupes d’Emmanuel Macron se sont succédé dans les médias pour étaler leurs désaccords, un classique au sein de l’exécutif quand arrivent les questions de laïcité ou d’identité. « Si phénomène il y a, il est extrêmement marginal, a ainsi évacué, dimanche 21 février, sur RTL, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. La priorité aujourd’hui pour le gouvernement c’est d’aider les étudiants à traverser cette crise [due au Covid-19]. » La veille, pourtant, sur BFM-TV, son collègue ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qualifiait l’« islamo-gauchisme » de « fait social indubitable ». « Ce serait vraiment ne pas regarder la vérité en face que de ne pas voir que l’université, les services publics, des associations sont touchées par l’islamisme aidé parfois par les gauchistes », a appuyé pour sa part le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dimanche sur Radio J.
Pour Jean-Michel Blanquer samedi sur BFM TV "l’« islamo-gauchisme » est « fait social indubitable ». Pour le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dimanche sur RTL : "Si phénomène il y a, il est extrêmement marginal," constate Le Monde.
Mais, selon le ministre de l'Intérieur, dimanche sur Radio J : « Ce serait vraiment ne pas regarder la vérité en face que de ne pas voir que l’université, les services publics, des associations sont touchés par l’islamisme aidé parfois par les gauchistes ». Et on se souvient que le porte-parole du gouvernement a rappelé mercredi l’« attachement absolu » du chef de l’Etat « à l’indépendance des enseignants-chercheurs » tandis que certains universitaires et politiques réclament la démission de Frederique Vidal, la mistre de l'enseignement supérieur qui a lancé un débat qui lui échappe.
Après la Révolution d'octobre 1917, une thèse antisémite se répand partout en Europe : les Juifs, à l'origine d'un « complot mondial », seraient les véritables artisans de la conquête du pouvoir par les bolcheviks en Russie et viseraient à étendre leur domination sur le reste de l'Occident. Une idée relevant totalement de l'amalgame et du fantasme, le rôle joué par la minorité juive de Russie dans la Révolution ayant été déformé et exagéré, entre autres par la propagande d'une partie des Russes blancs fidèles au tsar. Certains émigrés russes ont en effet crédité les Juifs des tueries commises après la Révolution, en particulier le meurtre de Nicolas II et de sa famille en 1918, décrit comme un « crime rituel » juif, comme le rapporte notamment Pierre-André Taguieff dans son ouvrage « La judéophobie :des modernes ». À noter que dès le XIXe siècle, les mouvements conservateurs antisémites avaient attaqué les idées marxistes en insistant sur les origines juives de Karl Marx. Trotski sera attaqué pour les mêmes motifs. En France, ce mythe conspirationniste, alliant haine des Juifs et détestation du communisme, se développe aussi et vient se greffer sur un antisémitisme préexistant. Dans l'entre-deux-guerres, il est repris par toute une partie de la presse – y compris non partisane : en 1920, dans un reportage de Louise Weiss intitulé « Le chaos bolchevique », Le Petit Parisien rapporte en une ces propos d'un anonyme « envoyé en mission à Moscou par un gouvernement étranger »
Ce combat prend corps en 1942 dans la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme (L.V.F.), qui regroupe plusieurs légions comme le Service d’Ordre Légionnaire ou encore les Anciens Combattant, et qui doit mener la croisade contre les communistes aux côtés de l’Allemagne. Des organes de propagande voient également le jour, comme le Comité d’Action Antibolchevique (C.A.A.) dirigé par le capitaine de vaisseau Paul Chack, et le Comité d’Etudes Antibolcheviques (C.E.A.), financés à la fois par Vichy et par la Propaganda Abteilung . Ils organisent des expositions, comme « Le Bolchevisme contre l’Europe » en 1942, où l’on présente les « crimes de la Guépéou » et autres horreurs commises en U.R.S.S. Pour la propagande et pour le gouvernement, la menace rouge se présente tout d’abord sous l’aspect du soldat russe et du risque que l’Union Soviétique gagne contre l’Allemagne. Elle s’incarne également dans la crainte du développement du communisme ou du bolchevisme (les deux étant confondus comme étant la même chose) qui se répandrait comme une gangrène, et enfin sous l’aspect du terroriste infiltré sur le territoire, qui menace les fondements de la société. Ainsi, le communisme est l’une des menaces les plus importantes pour Vichy de part son organisation au sein du Parti, qui continue à subsister malgré tout au travers de diverses organismes clandestins, et aussi parce que les communistes remettent en cause l’existence de ce régime en le combattant par les armes. De plus, il demeure un fantasme hérité des années 1920 où bolchevique, le couteau entre les dents, viendrait vous égorger et vous voler dans votre lit, tel Fantômas sortant de l’ombre
« Le bolchevisme est une des formes du caractère russe exprimé et appliqué par l'intelligence judaïque [...]. Avec l'arrivée au pouvoir de quelques-uns d'entre eux, Israël a tout gagné. Le rêve confus de ses vieux prophètes se réalise. Je suis revenu, saisi d'épouvante, au regard de la ténacité, de la souplesse, de la subtilité, de la volonté inhumainement fortes que les siens ont mises au service de cette passion de domination absolue, à tort qualifiée de cupidité, de cet amour de l'humanité, brûlant mais théorique, auxquels ils sacrifient sans trembler la Russie agonisante. »
Mais c'est surtout dans les milieux d'extrême droite que le fantasme d'un complot « judéo-bolchevik » se répand et suscite des réactions violentes. La Libre Parole, le journal antisémite d’Édouard Drumont, évoque ainsi, en 1920, les « fous furieux de l'extrémisme qui veulent implanter en France le régime de sang et de boue du judéo-bolchevisme ».
Le même journal se fait régulièrement l'écho du contenu des Protocoles des Sages de Sion, un document qui se présente comme un plan de conquête du monde écrit par les Juifs. Ce faux, composé en 1901 à Paris par un informateur de la police secrète du tsar, connaît depuis 1917 un grand succès en Europe, où beaucoup le considèrent comme authentique (Hitler le citera dans Mein Kampf). En janvier 1921, La Libre Parole cite, à propos de Kerenski, un extrait de la préface à l'édition russe de 1920 :
« Dans leur haine pour la Russie et leur soif de vengeance, les Juifs n’ont pas seulement déchaîné sur ce malheureux pays une révolution sanglante, mais ils ont déshonoré, avili, sali tout ce que le peuple russe vénérait comme saint et sacré. »
Le 22 juin 1941, les fascistes allemands déclenchent la guerre totale contre le "judéo-bolchévisme"!Le 22 juin 2016, un jeune Juif portant kippa était agressé à Berlin, l'ancienne capitale du troisième Reich, par trois « Arabes »[1]. Le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie envahissait l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Il s'ensuivit la plus grande guerre de tous les temps; les plus grandes batailles de l'histoire, dont Stalingrad continue de frapper les esprits; les plus grands massacres par balles, dont Babi Yar; la conférence de Wannsee (20 janvier 1942) et la mise au point de «la solution finale»; Auschwitz; la plupart des 6 millions de Juifs tués parce-que Juifs; la victoire de l'Armée rouge lors de la bataille finale de Berlin qui provoqua les suicides de Hitler et de Goebbels et conduisit à la destruction définitive du régime nazi et son IIIème Reich, et mis fin à ses camps d’extermination programmée. L'ensemble au prix de 28 millions de morts soviétiques !
Ce faisant, ce 22 juin 1941, l'Allemagne nazie entreprenait d'accomplir ce pourquoi le parti nazi (NSDAP) la destinait. Créé en février 1920, l'année suivant la fondation de l'Internationale communiste (mars 1919), le but du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei. En français Parti ouvrier allemand national-socialiste) était de combattre et d'anéantir selon sa terminologie le « judéo-bolchévisme », dont l'Union soviétique était le foyer propagateur.
De nombreux dirigeants révolutionnaires de Russie et d'Allemagne étaient "Juifs"!
Pour les nazis, l'Union des républiques socialistes soviétiques était un État juif, inspiré par le judéo-bolchévisme, dont les Juifs constituaient la base raciale. Pour les fascistes allemands, la mise en exergue par les « Russes blancs » de la judéité de Trotsky (né Lev Davidovitch Bronstein), premier commissaire du peuple aux affaires étrangères, créateur et chef de l'Armée rouge, ainsi que co-fondateur avec Lénine de l'Internationale communiste en 1919, puis de l'URSS qui succédait en 1922 à la République fédérative socialiste soviétique de Russie, en apportait une démonstration parmi d'autres.
Massacre de Babi Yar: 33 771 Juifs furent assassinés les 29 et 30 septembre 1941. Iryna Khoroshunova, habitante de Kiev, écrit indique dans son journal le 2 octobre 1941 : « Chacun dit maintenant que les Juifs sont assassinés. Non ; ils ont déjà été tués. Tous. Sans exception. Vieilles personnes, femmes, enfants. […] Les gens en parlent d’une telle façon qu’aucun doute n’est permis. Pas un seul train n’a quitté la gare de Bahnhof Lukianivka. Des gens ont vu des camions avec des foulards et d’autres objets partant de la gare. « Minutie » allemande ! Ils ont déjà trié leurs rapines ! Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela. »
Le Culte des Héros du Passé. La Propagande du Maréchal fait appel aux vieux héros du passé français pour défendre ses idéaux de tradition et de gloire et pour mieux masquer le fait que le territoire est occupé et que la guerre fait rage. Elle imite ainsi la propagande des autres pays, comme l’Allemagne qui fait appel à Siegfried, la Norvège de Quisling aux Vikings, et les Soviétiques qui ressuscitent Alexandre Nevski et la Mère-Patrie. Jeanne d’Arc, Bayard et Vercingétorix sont les personnages les plus souvent représentés, car ils sous-entendent une idée de sacrifice pour la France. Or, le Maréchal « a fait don de sa personne à la France » en juin 1940, et lui-même s’inscrit dans cette lignée de grands personnages, lui, le vainqueur de Verdun. Ce sont ces héros qui montrent le chemin à la jeunesse, notamment : sur une affiche des Chantiers de Jeunesse, on peut ainsi observer Vercingétorix tenant un jeune par l’épaule, et regardant avec lui vers l’avenir. Le Chevalier Bayard, « sans peur et sans reproche », est souvent montré comme modèle, justement pour ses qualités. Les petits Français doivent devenir comme lui, pour sauver et redresser la France, et ainsi faire mieux que leurs aînés. Dans l’Abécédaire du Maréchal, nous avons ainsi les mots « Gaulois », « Henri IV », « Jeanne d’Arc », « Saint-Louis », « Philippe Pétain », afin que dès l’apprentissage de l’alphabet, les enfants aient des modèles à suivre. Il y a ici l’idée que seul le passé a de la valeur, le présent n’étant pas glorieux, et l’avenir plutôt incertain. Il faut remonter le moral des Français et les détourner du souvenir de la Débâcle en leur rappelant combien leur pays a été puissant et respecté aux temps jadis. Le Maréchal en est un exemple vivant, lui qui aime à se présenter comme le vainqueur de Verdun, en oubliant que jusque là, il n’était qu’un petit général à la carrière médiocre. Jeanne d’Arc occupe quant à elle une place spéciale, car elle est la figure de proue de la lutte contre les Anglais et de la résistance à un envahisseur. Or les Anglais se sont rendu coupables, aux yeux de Vichy, d’avoir abandonné les Français à Dunkerque, puis d’avoir coulé la flotte à Mers El-Kébir et d’avoir attaqué la Syrie et Madagascar, possessions françaises. Ces événements font ressurgir l’anglophobie française, mise en veille depuis l’Entente Cordiale, et exacerbée par la propagande. Jeanne d’Arc est d’ailleurs présente sur une affiche allemande parlant du bombardement de Rouen en 1944, avec la phrase : « les assassins reviennent toujours sur le lieu de leur crime ». Une fête est consacrée à la Pucelle d’Orléans à partir de 1941